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Quel avenir économique pour le football ?

Polémiques à propos du dernier rapport de la DNCG, endettement colossal du football européen, chiffres d’affaires records, réélection de Michel Platini à la tête de l’UEFA sur fond de Fair-Play financier… Le football est actuellement dans une situation économique et financière paradoxale. Dans ces conditions, comment appréhender l’avenir du ballon rond autour d’une nouvelle régulation ?

Une situation préoccupante

Old Trafford, theatre of debts

Depuis l’arrêt Bosman de 1995 mais surtout avec l’envolée du marché des transferts et des salaires à partir des années 2000, le football professionnel européen est entré dans une nouvelle dimension économique et financière. Les grands clubs sont devenus de véritables entreprises commerciales. Les budgets, les recettes et les pertes se comptent en centaines de millions d’euros, parfois même en milliards. Les championnats européens et les compétitions continentales n’ont d’ailleurs jamais rapporté autant d’argent. Pour la saison 2008-2009, la Premier League a généré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’€, la Bundesliga 1,6 milliards d’€, la Liga 1,5 milliards d’€, la Serie A 1,4 milliards d’€ et enfin la Ligue 1 1,1 milliards d’€. Mais, en même temps, les déficits ont explosés. Les pertes du football européen à l’issue de la saison 2009-2010 se chiffrent à près de 1,2 milliards d’€. Au total, 56% des 733 clubs européens de première division sont dans le rouge et seuls quatre des trente grands clubs sont à l’équilibre. L’endettement général des clubs est aussi très alarmant. En Angleterre, il s’élève à 4 milliards d’€, en Espagne 3,5 milliards d’€. Le premier ministre anglais, Gordon Brown, a reconnu que « certains clubs ont des niveaux de dette bien supérieurs aux revenus qu’ils sont en mesure de tirer de leur activité footballistique et des droits télévisés ». Manchester United croule sous près de 900 M€ de dettes et s’enfonce petit à petit dans le tout commercial pour la rembourser,  comme le prouve le prix exorbitant des places à Old Trafford. En Espagne, le Real Madrid est plombé par une dette nette de 680 M€, contre 490 M€ pour le FC Barcelone, le grand rival catalan.

Mais le risque n’est pas forcément au niveau de ces grands clubs. « Des institutions comme le Real ou le Barça s’en sortiront toujours, mais d’autres, comme le FC Valence (Espagne), la Lazio de Rome (Italie) ou Portsmouth (Royaume-Uni), sont au plus mal parce qu’ils ont pris beaucoup de risques en tentant de rivaliser avec les grands clubs. Ils ont acheté des joueurs très chers et ne peuvent les revendre au même prix », constate Vincent Chaudel, responsable du département sport d’Ineum Consulting. De nombreux clubs ont ainsi fait, et font toujours, le pari d’investir lourdement sur des joueurs pour espérer de meilleurs résultats sportifs et économiques. Mais, au regard de la nature incertaine et aléatoire du sport, ces investissements sont très risqués et rarement rentabilisés, ce qui creuse les déficits et l’endettement. Le risque de krach existe donc bien pour ce type de clubs comme le souligne le président de la LFP, Frédéric Thiriez : « Le football européen va dans le mur sur le plan économique. Ce n’est pas possible de gagner des trophées avec l’argent que l’on n’a pas. Un jour ce système va exploser. Il provoquera un effet de dominos, avec des dépôts de bilan de clubs et des Championnats truqués. »
Une fracture s’est ainsi créée entre les différents modèles anglais, espagnols, italiens et leurs voisins français et allemands qui présentent des comptes bien mieux équilibrés. L’endettement des clubs français de l’élite représente, par exemple, « seulement » 100 M€, un gouffre par rapport aux précédents cités. Ce fossé a des conséquences majeures en matière d’équilibre compétitif, que ce soit pour les championnats nationaux ou les compétitions européennes. L’incertitude de la Champions League s’est notamment réduite ces dernières années avec la présence quasi-systématique dans les derniers tours des grands clubs anglais, espagnols et italiens qui fonctionnent largement à crédit. Les équipes gérées plus raisonnablement ont, elles, du mal à tenir la comparaison et à réaliser de bonnes performances. Or, l’incertitude de la compétition est indispensable pour garantir l’attrait du spectacle sportif.  Frédéric Thiriez s’élève contre ce phénomène : « C’est d’abord une affaire de justice sportive, mais au-delà de l’équité, la DNCG européenne c’est la condition de la survie de la Ligue des Champions ! Si l’on continue avec ce football à deux vitesses qui voit chaque saison trois clubs anglais en demi-finales, l’épreuve va perdre tout son intérêt. »

Le modèle français

La France possède une spécificité majeure dans la gestion de ses clubs professionnels : la Direction Nationale du Contrôle de Gestion qui contrôle la situation juridique et financière des clubs professionnels de Ligue 1 et Ligue 2. Ce contrôle, qui s’exerce en toute indépendance, a pour principal objectif d’assurer la pérennité et l’équité des compétitions, en vérifiant notamment que les investissements sportifs de chaque club n’excède pas ses capacités financières. En revanche, la DNCG n’a pas pour mission d’auditer les comptes des clubs au sens où peut le faire un commissaire aux comptes, c’est-à-dire de les certifier ou attester. Elle n’en a d’ailleurs pas les moyens juridiques et matériels. La DNCG publie donc chaque année un bilan du football professionnel français mais aussi un bilan individualisé de chaque club. Ce contrôle a donc pour vocation de limiter les endettements et déficits pour garantir une gestion saine et durable des clubs. En cas de problèmes, la DNCG est habilitée à prendre des mesures : interdiction totale ou partielle de recrutement de nouveaux joueurs sous contrat, recrutement contrôlé, rétrogradation sportive, interdiction d’accession sportive ou encore exclusion des championnats nationaux. Toulouse ou Marseille, rétrogradés respectivement en 2001 et 1994, en ont fait les frais. Le recrutement contrôlé est assez fréquent, à l’image de Lens ces deux dernières saisons, de Grenoble également ou de Marseille en 2002. Cette spécificité française a permis depuis plusieurs années de favoriser une bonne gestion des clubs français par rapport à leurs voisins européens, même si les deux dernières saisons ont été plus difficiles avec 34 M€ et 130 M€ de pertes en 2008-2009 et 2009-2010. Malgré tout, depuis la création de cette instance, le nombre de clubs connaissant des difficultés financières a fortement diminué, et même pratiquement disparu en Ligue 1 et Ligue 2.

Frédéric Thiriez

Fort de ses acquis et de son particularisme, le football français est parti en croisade pour faire passer ses convictions dans toute l’Europe.  Elément moteur de la création en 2003 du système de licence UEFA pour les clubs jouant la coupe d’Europe, Frédéric Thiriez ne souhaite pas en rester là. En effet, dans cette configuration, le contrôle est laissé aux seules associations nationales et les sanctions ne sont pas graduées.  Le président de la LFP prend alors le sujet à bras le corps, publie en Juin 2005 le rapport « Pour un contrôle de gestion des clubs au niveau européen » et défend l’idée d’une « Super Licence » : « Au sein de l’UEFA, pourrait être créée une commission de contrôle financier, chargée d’étudier, chaque saison, les comptes des clubs participant à la Ligue des Champions (32 clubs), et de prendre les décisions, éventuellement contraignantes, en découlant. Je parle bien de la Ligue des Champions et j’insiste : Personne ne veut imposer la DNCG dans les championnats nationaux ! Appelons cela, si vous voulez, la Super Licence. » Une Super Licence qui préfigure tout d’abord l’idée d’une DNCG européenne puis, plus largement, du principe de Fair-Play financier.

Dans la foulée française, l’UEFA, par le biais de son président Michel Platini, se saisit de ce dossier. Le 28 août 2008 est entériné le projet d’une DNCG européenne qui mettrait en place, selon l’ancien numéro dix, « une commission qui regarderait les comptes et dirait si ça va ou ça ne va pas » dans le but de « donner une meilleure image économique du football. » Après une longue campagne de sensibilisation et de débats, le principe du Fair-Play financier est adopté à l’unanimité par l’UEFA le 15 septembre 2009. Il prévoit ainsi de réserver l’accès aux compétitions européennes aux clubs présentant des budgets équilibrés. Les premières sanctions sont alors prévues pour la saison 2013-2014. Cette avancée fondamentale doit permettre de lutter contre ce que Michel Platini appelle la « victoire à crédit ». La mise en pratique est, elle, adoptée en mai 2010. « Après de longues discussions, parfois animées, le Comité exécutif a approuvé le règlement des licences de clubs et donc du fair-play financier. C’est le couronnement d’un travail qui a pris deux ans, approuvé à l’unanimité » déclare alors le secrétaire général de l’UEFA, Gianni Infantino. Le système porterait ses effets pour la première fois lors de la saison 2014-2015. Cette décision est saluée par Karl-Heinz Rummenigge, président de l’Association européenne des clubs (ECA) : « Après seulement deux ans d’existence, l’ECA a réussi, avec l’UEFA, à mettre en place des mesures qui rendent l’avenir du football européen de clubs économiquement plus responsable et plus durable. » Quelques jours avant sa réélection à la tête de l’UEFA, Michel Platini affirme à nouveau sa position : « Les clubs connaissent les règles et je leur écrirai avant l’été pour leur rappeler que notre crédibilité nous obligera à aller au bout. Si la question est de savoir si j’aurais le courage de sanctionner des clubs de renom, la réponse est oui. »

L’application en question

Michel Platini

Le Fair-Play financier repose sur un principe assez simple, celui de sanctionner les clubs qui dépensent plus qu’ils ne gagnent. En revanche, son application ne le paraît pas du tout. Comment délimiter la ligne rouge ? Sur quel laps de temps ? Mêmes considérations pour les endettements et déficits ? Quelles échelles de sanctions ? Les grands clubs seront-ils vraiment menacés ? Autant de questions auxquelles il faudra apporter des réponses concrètes. A ce titre, plusieurs éléments, associés au Fair-Play financier, semblent tout à fait pertinents. Premièrement, dissocier les investissements en infrastructures (stades, centre de formation…) et ceux en transferts dans l’évaluation de l’endettement et des déficits des clubs. Se structurer résulte d’une stratégie durable contrairement à un pari ponctuel sur un joueur. Deuxièmement, mieux réguler le marché des transferts pour éviter des transactions déconnectées de la réalité du marché mais aussi pour protéger les clubs formateurs. Enfin, étudier plus en détail la politique allemande en matière d’actionnariat. Les formations allemandes sont, en effet, soumises aux règles du 50 + 1, c’est-à-dire qu’un club ne peut être possédé à plus de 50% par un actionnaire, à moins qu’il le soit depuis plus de 20 ans. Cette règle a été instituée dans le but d’empêcher que les clubs allemands prennent le chemin de la Premier League, et de la dépendance envers un seul homme. L’enjeu n’est pas de se heurter aux principes liés au libéralisme, mais de les adapter au sport professionnel. Le football ne doit pas être considéré comme une activité économique classique. Il ne peut pas être simplement laissé au libre jeu des forces du marché. D’abord, pour des raisons éducatives, sociales et culturelles, mais aussi parce que la libre concurrence non régulée réduit fortement l’incertitude sportive et donc, à terme, le spectacle.

Le conflit actuel entre les clubs français et la DNCG témoigne également que rien n’est encore gagné dans cette perspective de nouvelle régulation. Les dirigeants tricolores sont notamment remontés contre l’analyse de la DNCG qui évoque « un modèle économique qui semble atteindre ses limites. » Pour Michel Seydoux, président du LOSC, la DNCG « peut constater les déficits (114 millions d’euros pour la L1 en 2009-2010) mais elle n’a pas à les juger. C’est le problème des actionnaires. Ce n’est pas illégal de perdre de l’argent (…) Que la DNCG s’occupe de ses oignons. Critiquer les siens comme elle le fait, c’est stalinien. » Jean-Pierre Louvel, président de l’UCPF (Union des clubs professionnels français), critique le fait que la DNCG « ne met pas assez en évidence les points positifs du football français par rapport au football européen » Il se veut également pragmatique : « On est d’accord avec le fair-play financier que veut mettre en place l’UEFA, mais pourquoi vouloir laver encore plus blanc que blanc ? Les inquiétudes ne sont pas en France alors qu’il y a des clubs étrangers, et de grands clubs, qui ne seraient pas qualifiés si le fair-play financier était appliqué aujourd’hui. » Ces déclarations révèlent un malaise entre les deux parties mais surtout le caractère trop contraignant voire contreproductif de la DNCG. Le RC Lens, qui est sous contrôle de l’organe depuis deux ans, n’a aucune marge de manœuvre pour se redresser sportivement, et par conséquent économiquement. Le club est en passe de descendre à nouveau et de se retrouver dans une situation très critique alors qu’il possède des structures et des leviers de développement bien supérieurs à la majorité des clubs français.
Enfin pour accéder à ce Fair-Play financier d’ici 2014, une période transitoire de mise en conformité paraît indispensable. Pourtant, il faut reconnaître que l’on en est loin. Un exemple ? Cet hiver, le jour même où Chelsea signe Torres, mais aussi le défenseur brésilien David Luiz, pour près de 85 millions d’euros, le club de Londres annonce des pertes de 83 millions d’euros pour 2009-2010. Cela souligne la difficulté à convertir les mécènes, tels qu’Abramovitch, aux règles du Fair-Play financier. D’ailleurs, ce ne sont pas uniquement les mécènes qu’il faut convaincre. Jean-Claude Dassier, le président de l’OM, déclare à ce sujet : « Finalement, je ne suis pas sûr que ce soit mauvais d’avoir des milliardaires, des émirs, qui investissent sans regarder. Si on ferme ces robinets, je ne suis pas sûr qu’on fasse progresser le foot. Si M. Abramovitch veut perdre 1 milliard, c’est son argent, je n’en fais pas une affaire. » D’autres ont choisi de se cacher derrière de belles intentions. Garry Cook, président exécutif de Manchester City a promis se mettre en accord avec les règles du Fair-Play financier édictées par l’UEFA. Le club du Cheikh Mansour a pourtant dépensé ces deux dernières saisons 360 M€, dont 114 en transferts cet été, et affiche une perte de plus de 136 M€ pour la saison 2009-2010. « Le fair-play financier est dans nos têtes. Nous en parlons à toutes nos réunions, et il fait partie de nos objectifs à long terme », a récemment déclaré Garry Cook. Vous avez alors beaucoup de travail en perspective, Monsieur Cook !
L’idée n’est pas de limiter les investissements dans les clubs. Il est bien évidemment nécessaire d’avoir de grands clubs, de grandes équipes ou de grands joueurs pour tirer le football vers le haut et offrir un spectacle de qualité. La question n’est donc pas ici de se demander s’il y a trop d’argent dans le football mais comment l’utiliser plus équitablement et durablement pour redonner à ce sport toute sa crédibilité sans nuire à son développement sportif et économique.
MR.
Sources : uefa.com / lequipe.fr / lfp.fr / « Pour un contrôle de gestion des clubs au niveau européen » Juin 2005 / Rapports DNCG 08-09 / Rapports DNCG 09-10
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6 réflexions sur “Quel avenir économique pour le football ?

  1. Dans les deux prochaines années, la perspective de ce Fair-Play financier ne va-t’elle pas faire perdre la tête au marché des jeunes joueurs (18-21) , les grands clubs voulant « s’équiper pour une décénie » avant que l’UEFA ne siffle la fin de la récréation ?

    • Libre à eux de plomber leur carrière. Il suffit de voir que 95% des jeunes joueurs prometteurs qui signent dans un grand club se cassent la gueule, parce que pour s’installer dans ces clubs, il faut plus qu’une simple étiquette de joueur prometteur. Tout le monde le sait, donc les jeunes joueurs prennent leur décision en connaissance de cause. On va pas pleurer s’ils se plantent ils ont des tas d’exemples.

  2. Très bon article, clair net et précis !
    On pourrait en plus de cela envisager la fixation, peut être par la DNCG, d’un plafond de masse salariale par club, qui dépendrait de son niveau de revenus de l’année passée et de ceux attendus l’année suivante. L’obligation pour les joueurs d’honorer leur contrat : signer pour 3 ans = jouer 3 ans pour l’équipe, ou du moins pour les jeunes joueurs sortis du centre de formation. Bref, ce qui se fait déjà au USA, notamment en NBA. Là on aurait un vrai fair-play financier, et donc sportif.

  3. Encore un très bon article de ta part, c’est toujours plaisant à lire !

    Pour ma part, je vais reprendre les propos de Haco et notamment ce qui se fait en MLS, NBA, NHL… En lisant ton article, la réforme des salaires en NHL en 2005 m’est tout de suite venue en tête. Pourquoi ne pas instaurer un « salary cap » individuel et un plafond salarial pour chaque équipe en fonction de leur résultats… Cela marche plutôt bien aux Etats-Unis même si la réforme en NHL a eu du mal à passer au début je l’avoue. Mais je pense que la compétitivité des petits clubs, comme voulu par notre cher ex-futur président de l’UEFA, pourrait s’améliorer avec cette réforme. De plus, la loi du « salary cap » a été proposée par Schalke en 2009 pour les clubs allemands. Karl-Heinz Rummenigge est également intervenu en souhaitant que cette réforme s’applique non seulement aux clubs allemands mais également à toute l’Europe.

    De toute façon, je vois très mal les gros clubs tels que Man U, le Real, le Barça… retrouver un équilibre financier d’ici à 2013 alors cela veut-il dire que ces clubs ne joueront pas la LDC ? Ça me parait un peu gros et un peu ambitieux de la part de Platini de nous faire croire cela. On a besoin de ces clubs en LDC, ne serait-ce qu’en terme de crédibilité vis à vis du public et d’audience… Un Real – Man U me ferait plus rêver qu’un Rubin Kazan – Viktoria Plzen (actuel 1er de championnat en Rep. Tchèque) en LDC. Bref, tout ceci me parait illusoire.

    Enfin, toute cette libéralisation croissante du football et cette envolée des prix est due, à mon sens, à l’arret Bosman de 1995 qui a complètement changée la donne.

  4. Voilà un état des lieux tout à fait remarquable. Je soutiens tous ceux qui mettent en place des règles permettant d’avoir pour longtemps un football pérenne qui progresse vers toujours plus de qualité et qui ouvre des possibles à de nouveaux clubs. Vive le football.

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